• Afflux de réfugiés, explosion des coûts en matière d'hébergement d'urgence : l'asile en France, 2ème pays d'accueil en Europe, est au bord de l'asphyxie. Les conclusions du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques viennent d'être révélées dans les pages du quotidien Le Figaro. Elles sont alarmantes.
     

    Au rang des dossiers très sensibles pour la classe politique française figure le droit d'asile. L'accueil des réfugiés coûte de plus en plus cher notament par manque de place. En matière d'asile les coûts de prise en charge explosent d'après un rapport du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques, un document révélé par le quotidien Le Figaro (à consulter ci-dessous).

    L'hébergement d'urgence coûte cher

    Les coûts prévisionnels notamment concernant l'hébergement d'urgence ont déjà été dépassés. La facture atteint les 90 millions d'euros et ce n'est pas tout. A celà s'ajoute l'aide temporaire d'attente accordée aux demandeurs, une consommation sans précédent de 180 milllions d'euros toujours selon ce document. « On peut dès lors estimer que le coût total de l'asile en 2014 va atteindre un montant de 666 millions d'euros », révèle ce rapport qui fait suite aux travaux de la mission sénatoriale Létard-Touraine, remis au ministère de l'Intérieur en novembre dernier.

    Des expulsions difficiles

    Autre dysfonctionnement la question délicate des déboutés : sur 45 000 personnes en 2013, 19 000 « obligations à quitter le territoire français » (OQTF) ont été prononcés. Les expulsions sont difficiles et on l'a vu notamment avec l'affaire de la jeune Kosovar Léonarda. Le projet de loi annoncé qui doit réformer le droit d'asile se fait attendre. L'une des pistes est de réduire les délais d'instruction des dossiers qui durent près de deux ans. Un projet est en cours de rédaction sur lequel le Premier Ministre Manuel Valls entend légiférer en juin prochain.
     

     
     
     

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  • Officiellement, 200 000 personnes environ s'installent en France chaque année, un niveau faible en comparaison d'autres pays développés, comme l'Allemagne. Vous affirmez que cette présentation masque à la fois l'importance relative de l'immigration par rapport à la population totale et les changements dans sa composition.

    Michèle Tribalat : Je n'affirme rien de tel. Le flux d'immigration dépasse 200 000 seulement depuis 2002 (voir la série 1994-2008 établie par Xavier Thierry à l'Ined). Je critique l'usage du solde migratoire pour définir le régime migratoire de la France. Ce solde est le résidu de l'équation démographique de l'année : + 39 000 en 2010 (Insee). Il n'est pas mesuré, comme dans d'autres pays, à partir d'un enregistrement des entrées (que l'on connaît très imparfaitement) et des sorties du territoire (que l'on ne connaît pas). Dans mon livre, je montre que ce solde global, à supposer qu'il soit correctement estimé, fait la moyenne entre un solde migratoire positif des immigrés et un solde migratoire négatif des natifs. J'explique aussi qu'il faut distinguer deux arguments : celui qui suppose que nous sommes historiquement dans un régime migratoire de basse intensité et celui qui nous situe par rapport à nos voisins. En termes relatifs, l'accroissement de la proportion d'immigrés dans les années 2000 est comparable à celui observé pendant les Trente Glorieuses, même si les flux ont été moins intenses qu'au Royaume-Uni, par exemple. La définition de l'immigration en Allemagne n'a rien à voir avec celle de la France. Les chiffres ne sont pas directement comparables.

    http://www.marianne.net/Michele-Tribalat-Le-meme-flux-d-immigres-que-pendant-les-Trente-Glorieuses_a236882.html

     

     


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