• Vingt minutes de travail en plus, c'est pas maintenant

    La commande de deux paquebots par MSC aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire est suspendue à un accord syndical de compétitivité, les salariés débrayent, on leur demande de travailler 20 mn en plus chaque jour... sans salaire en plus

    Les salariés des chantiers navals des Saint-Nazaire débrayent aujourd'hui en fin de matinée puis en début d'après-midi. CGT et FO s'opposent à un nouvel accord de compétitivité négocié par la direction dans le cadre d'une commande de deux paquebots prototypes pour l'armateur italien MSC. "Aujourd'hui, pour que nous ayons peur de perdre cette commande, on nous demande de nous engager par écrit à négocier un accord de compétitivité", indique Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint de la section FO du chantier naval.

    La direction demande aux organisations syndicales de signer un accord de compétitivité qui permettrait notamment de réduire la masse salariale de 5 %. "Inacceptable", martèlent les représentants des deux organisations syndicales. "La masse salariale ne représente que 15 % du coût du navire. Il n’est pas question de remettre en cause nos droits sociaux. La direction veut restaurer ses marges de profit en creusant les inégalités pour les salariés".

    Une concurrence en Europe

    "Les pourparlers avec STX ont buté sur le prix", a expliqué dans un entretien au Figaro hier le directeur général de MSC Croisières, Erminio Eschena, qui depuis 2003 a fait construire dix paquebots de MSC à Saint-Nazaire.
    La commande en jeu "deux nouveaux prototypes suivie d'une option sur deux autres bateaux identiques", précise M. Eschena, est d'autant plus cruciale pour les chantiers STX qu'ils n'ont enregistré aucune nouvelle commande de paquebot, leur cœur de métier, depuis le géant "Oasis" pour l'armateur américain Royal Caribbean Cruises en décembre 2012. Une option sur un bâtiment similaire pour un milliard d'euros est en cours de négociation.

    La commande MSC atteindrait quant à elle, en cas de réalisation des deux premiers paquebots puis des deux autres en options, un total de 2,4 milliards d'euro, selon le directeur général cité par Le Figaro.
    Le croisiériste italien souligne que les principaux concurrents de STX France, l'Allemand Meyerwerft et l'Italien Fincantieri, proposent respectivement des offres inférieures.

    Un accord sur le temps de travail contre une commande ?

    La direction des chantiers STX refuse de commenter la situation mais son directeur général Laurent Castaing n'a pas caché, dès le début de l'automne devant la presse, les difficultés de compétitivité rencontrées par son entreprise pour conclure les commandes, suite à l'échec d'une première tentative de négociation, au printemps dernier, avec les syndicats.

    Selon les syndicats, la direction de STX est revenue vers eux le 13 décembre pour obtenir de leur part un "engagement à négocier et aboutir à un accord" le 18 décembre, faute de quoi STX ne pourrait décrocher la commande MSC.
    Une des demandes de la direction était l'augmentation temporaire de 20 minutes du temps de travail quotidien, sans rémunération supplémentaire.
    La CGT et FO, qui représentent 53% des salariés en suffrages cumulés, ont refusé. "Nous refusons le travail gratuit", a précisé pour FO Nathalie Durand-Prinborgne, dénonçant un "chantage à la commande".
    De son côté la CFDT (32% des suffrages) a accepté de s'engager à négocier mais "ce n'est pas un chèque en blanc", pour Johan Jardin. "J'espère que les salariés ont conscience que c'est l'avenir de l'entreprise qui est en jeu".

    La direction indique avoir pris connaissance des positions des 4 organisations syndicales : "la CFDT et la CFE-CGC nous ont confirmé par écrit leur intention de poursuivre les négociations pour aboutir à une économie de 5% du coût du travail, pour une période et avec des moyens qui restent à définir".
    Ces 2 organisations syndicales représentent 47,6 % des suffrages exprimés lors des élections professionnelles. "Cet engagement de 2 des quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise constitue une base solide pour avancer dans les négociations avec nos clients" souligne la direction de STX.

    http://pays-de-la-loire.france3.fr/2013/12/18/saint-nazaire-debrayages-au-chantier-naval-stx-une-commande-suspendue-laccord-de-competitivite-380089.html

    Avec les syndicats qu'on a en France, pas besoin de concurrents !

     

     

    « Que vous soyez de gauche ou de droite, etc ... »

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